Le Festin de Babette

Le Festin de Babette (Babettes Gæstebud) est un film danois réalisé par Gabriel Axel et sorti sur les écrans en 1987. Il est inspiré d'une nouvelle de Karen Blixen, extraite du recueil Skæbne-Anekdoter (i.e. Anecdotes du destin).
Synopsis
Babette, chef cuisinière renommée dans un grand restaurant parisien, le Café anglais, fuit la répression de la Commune de Paris en 1871. Elle trouve refuge au service de deux vieilles filles, dans un petit village luthérien du Danemark.
Chaque année, elle achète un billet de loterie. Après quinze ans, elle remporte le gros lot, soit 10 000 francs et, plutôt que d'améliorer son sort, elle consacre tout son argent pour reconstituer, en une seule soirée et pour douze couverts, le faste de la grande cuisine parisienne.
Commentaire
C'est l'invité de marque du festin, le général Löwenhielm, qui reconnaît les « cailles en sarcophage » du café Anglais et qui rappelle qu'un grand repas peut être une histoire d'amour, en levant son verre à celle des deux vieilles filles qu'il a toujours aimée mais qu'il n'a pas pu épouser. Ce n'est pas un film tendre mais un film bouleversant, reposant sur la nouvelle de Karen Blixen dont Gabriel Axel a réalisé une mise en scène admirable de précision et de sobriété jusque dans les détails et dans ce stupéfiant contraste entre la vie triste et austère de ce village luthérien et ce dîner fantastique aux mets succulents et aux vins prodigieux, comme le Clos Vougeot 1845, si parfaitement inattendu dans ce paysage nordique austère, glacial et battu par les vents. Le prodige du film – indiqué par le toast porté par le général qui conclut le dîner – est que c'est le festin qui accomplit la communion de tous les convives et des amants séparés que le pasteur n'avait jamais réalisée – il les avait séparés pour sa propre satisfaction. Ce qui doit se produire se produit, fût-ce au prix d'un miracle.
Véritable parabole sur le don de soi, l'amour pur. Celui de Babette d'abord, pour les deux sœurs qui l'ont accueillie, puis pour la communauté entière au travers de ce dîner, œuvre d'art (de son art) pour lequel elle donne tout ce qu'elle possède. Celui aussi des filles du pasteur qui sacrifient leur vie sentimentale pour secourir et aimer leur père et leurs protégés.
Un beau commentaire du Festin de Babette peut être lu dans le livre Le Mangeur de paroles1.
Le menu[modifier]
Blinis Demidoff
Cailles en sarcophage
Baba au rhum
Le menu et les plats sont décrits dans la nouvelle de Karen Blixen, mais sans préciser ni la préparation ni les temps de cuisson. Les aliments ont été confiés au chef Jan Cocotte-Pedersen, chef de cuisine du restaurant La Cocotte de Copenhague, qui a réalisé les recettes. Celles-ci ont été publiées2 par après, et plusieurs plats sont devenus des classiques internationaux.
Plats
Soupe de tortue géante
Blinis Demidoff (blinis au caviar et à la crème)
Cailles en sarcophage au foie gras et sauce aux truffes
Salade d’endives aux noix
Fromages
Baba au rhum et salade de fruits glacés
Fruits frais (raisins, figues, ananas ...)
Eau avec les fruits
Café
Fine Champagne
Vins
Xérès amontillado avec la soupe
Veuve Clicquot 1860 avec les blinis
Clos de Vougeot 1845 avec cailles et fromages

